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Au-Delà De Nos Désillusions: Chapitre 2. Noël, c'est l'amour

Updated: Mar 24, 2021

« La joie est en tout, il suffit de savoir l'extraire. » Confucius ***

J'adorais les fêtes de fin d'année. Dès qu'arrivait le mois de décembre, cela sentait la joie dans l'atmosphère, et j'étais aussi de meilleure humeur. Fredonnant l'air du symbolique et populaire Joy to the World, je remplissais de babioles le coffre du Hummer de Gardy. Daniel et Louise – quand celle-ci n'était pas en train de prendre ses interminables autoportraits – me filaient un coup de main. Gardy pour sa part vérifiait que la voiture était en état de bien marcher ; il débouchait et refermait les différents réservoirs à huile de la bagnole, lorsqu'il eut fini, il nettoyait la carrosserie de sa sublime automobile ; autrement dit, il s'était trouvé le prétexte idéal pour ne pas transporter de caisses.


_ Tout semble être parfait, me dit-il après une éternité à dépoussiérer un pare-brise qui étincelait déjà de mille feux.


_ Super ! Tu pourras venir nous aider à transporter le reste des cartons dans le coffre, lui proposai-je.


_ Au fait, j'avais oublié de vérifier l'huile du volant.


_ Ah oui ! Sans blague ?


_ Sans blague, bébé, s'excusa-t-il, l'air trop enjoué pour être sincère.


_ Tu m'étonnes.


_ Papa... Papa... Faudra que je t'apprenne à mieux mentir.


_ Et moi je devrai t'apprendre à mieux poster pour prendre des selfies, poupée.


_ Quoi ? Ce n'est pas bien comme je pose ? S'offusqua la pauvre Louise qui devait faire de son mieux pour trouver son meilleur angle.


_ Pas du tout, voyons ! Tu te tortilles tel un ver-de-terre.


_ On t'a rien demandé à toi, Daniel, balança ma fille qui continuait à adresser des sourires bêtes à sa caméra la tête tantôt penchée sur la gauche tantôt penchée sur la droite.


Lorsque nous eûmes fini de tout ranger, nous prîmes place dans la voiture. J'avais insisté à ce que nous sortions une heure avant le début de la fête de Noël fraternité. C'était une tradition des paroissiens de la Saint-Jean qui se rendaient aux environs de la place du même nom afin de partager avec d'autres un peu de ce qu'ils possédaient. On chantait et certains jeunes préparaient parfois des chorégraphies ou des pièces de théâtre. Mais il était clair que ce qui intéressait surtout nos invités ou plutôt nos hôtes –car ceux qu'on aidait vivaient aux environs la plupart du temps- était le moment où commençait le dîner. C'était en effet à cet instant que tous affluaient de nulle part. Après qu'ils aient eu à manger ils auraient droit chacun à quelques habits, ou des fournitures, ou tout ce que les fidèles de la Saint-Jean leur apporteraient.


_ Grann Marie y est déjà ou on passe la chercher ? Demanda Daniel.


_ Attends. Je vais l'appeler pour lui demander. Lou, chérie, tu peux me prendre mon portable dans mon sac ?


Aucune réponse.


_ Quelle poche, maman ? Elle est encore occupée à se trémousser, la chenille.


_ La petite poche du dedans, informai-je.

Subitement, Gardy et moi nous sursautâmes sous le cri strident de notre fille.


_ Qu'est-ce qui se passe encore ? Demanda mon mari.


_ Il se passe que Daniel m'empêche de prendre mes selfies.


_ Ha..., laissa échapper Gardy pendant que moi, la main encore tendue, attendant qu'on me passe mon téléphone, ne prenais même pas la peine de me tourner vers ma dingue de fille.


_ Et il se passe que cela semble préoccuper personne qu'il me dérange, nous reprocha-t-elle.


_ Euh... Dany, laisse ta sœur prendre ses photos tranquillement, d'accord ? Tentai-je.


_ Sérieusement, maman ! C'est tout ?


Daniel me longea mon cellulaire et je composai le numéro de ma mère sans plus tarder, n'étant pas d'humeur à faire un procès à mon fils au sujet de son attitude avec ma fille en ce beau matin.

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